Comme Chez Nous ASBL

 

Comment est utilisée/mise en œuvre la participation et/ou l’intégration des savoirs issus de l’expérience personnelle de la pauvreté et/ou l’exclusion sociale dans les prestations en faveur des usagers ou du public ?

L’intégration des savoirs issus de l’expérience personnelle des personnes sans-abri est dans l’ADN de l’association. Il est même à la source du mouvement puisque la maison est née de la mobilisation d’anciens sans-abris appuyés par des personnes de la société civile, des syndicats et un syndicat locataire.

Son fondateur Paul Trigalet a milité jusqu’à son dernier souffle (il nous a quitté l’an passé après une vie passée avec les personnes sans-abri) pour la participation des personnes les plus exclues de notre société et pour l’importance de rendre la parole aux invisibles. Nous avons donc lancé le mouvement des espaces de parole citoyen avant que cela ne devienne à la mode aux travers d’espaces comme le Parlons-en ! lieu d’échange et de co-construction des pratiques sociales à Charleroi et le Parlons-Zen repris par le CPAS de Charleroi comme bonne pratique. L’intégration des savoirs se fait donc au rythme de vie et de témoignages des personnes au sein au sein de l’ASBL et au-delà.

Comment sont intégrés, dans les modes d’approche de la lutte contre la pauvreté (réflexion, processus, évaluation, etc.), la participation et /ou les savoirs issus de l’expérience personnelle de la pauvreté et/ou l’exclusion sociale ?

La lutte contre la pauvreté est un processus complexe d’accessibilité aux droits et donc aux dispositifs vecteurs de droits. S’ils ne prennent pas en considération le vécu des personnes en situation de sans-abrisme, ils participent encore davantage à leur exclusion par leur inaccessibilité. Notre approche de la grande précarité est donc guidée par les personnes elle-même et par le processus de construction des outils d’accompagnement. Les experts de vécu, sans qu’ils soient appelés comme tels, sont les personnes ressources des programmes et des actions mis en place. Les personnes s’impliquent depuis le choix des actions ou ateliers à mettre en place, en passant par l’évaluation hebdomadaire, mensuelle et semestrielle des activités jusqu’à la construction d’outils comme le livret POUR ELLES créé par les femmes à la rue pour elles ou plus récemment Comme chez nous et l’AccueilPagnement.

Comment est intégré l’impact de la participation et l’intégration des savoirs issus de l’expérience personnelle de la pauvreté et/ou l’exclusion sociale dans les textes de références de l’organisation ?

Cette intégration se fait à tous niveaux. L’impact de l’expérience des personnes est majeur dans nos textes car nous voulons mettre constamment la personne au centre du processus d’insertion quelles que soit les pistes de sortie. L’expérience est intégrée depuis les règlements de vie jusqu’aux Chartes en passant par les textes essentiels comme les Labiso, le carnet de Suzanne, Pour ELLES, et dernièrement, le travail de capacitation citoyenne réalisé sous la plume de Périféria avec l’ensemble des parties prenantes de l’association. Cela va des accueillis, aux accueillants en passant par les bénévoles et les administrateurs. Les Carnet de vie, de Sortie ou les fleuves de vie sont aussi des outils qui sont développés par et pour les personnes en situation de sans-abrisme. Les témoignages et prise en considération de la parole des personnes sont aussi essentiels dans nos interventions orales, vidéos ou reportages illustrant notre accompagnement au quotidien et nos pratiques participatives.